• De la politique et de l’économie.

    Toi et tes amis de gauche, vous vous connaissez un peu en économie ?

    C’est une très vieille personne qui me posait cette question. Une personne assez ouverte malgré son grand âge pour envisager d’entendre une réponse positive, alors que tant de Cassandres affirment le contraire à longueur des journées.

    Pourtant, certaines choses devraient sauter aux jeux de tout le monde. Même les médias « généralistes » (comprenez, qui font leur beurre avec les jeux, les concours, le sport, les séries, surtout à grande force lacrymale) même ceux-là en parlent :

    Notre planète est au bord d’une grande catastrophe écologique de par l’action de l’homme. De l’action industrielle notamment, car la cueillette de fruits dite « de subsistance » ou les randonnées à pied dans la forêt n’endommagent pas trop notre belle Terre. Pourtant, les grands ténors de « l’économie industrielle dominante » continuent à nous dire ce qui est bien et qui « sait » de quoi il parle -ceux qui disent comme eux- et qui raconte des carabistouilles.

    Pendant ce temps les glaces fondent, les ressources s’épuisent et les « corrections souhaitables» sont remises au lendemain dès qu’elles sont envisagées.

    C’est un grand malheur, les experts bien en cour en conviennent, mais c’est un peu la faute à pas de chance, pas celle de leurs théories !

    Notre modèle social, en Europe et en particulier en France, va mal. Et ce serait la faute aux fraudeurs (2% environ, d’après les organismes de gestion). Les mêmes que tout à l’heure, qui n’ont pas eu la capacité d’empêcher cette dérive, cadenassés et bâillonnés qu’ils étaient par des affreux profiteurs, nous disent comment il faut faire pour redresser la situation : resserrer les cordons de la bourse car moins il y aura des picaillons qui en sortent plus il y en aura dedans. Fallait y penser !

    Bien sûr, ce sera dur (pour les autres) mais à terme, tout le monde (vous) aurez une bonne chance de….mourir sain et guéri…

    C’est encore un grand malheur, les experts bien en cour en conviennent, mais c’est un peu la faute à pas de chance, pas celle de leurs théories !

    Dans le monde entier les inégalités se creusent ; des pays qui semblaient lancés pour vivre de mieux en mieux trainent des cohortes de « travailleurs pauvres » de « mal-logés » de chômeurs, de friches industrielles et habitationnelles et tout cela au moment où les chiffres de la richesse économique des nations atteignent des records inégalés. Pourtant, toujours les mêmes du début, nous font la leçon sur ce qui serait une « bonne » économie : la leur, qui profitera un jour ou l’autre à tout le monde, sans préciser dans combien de générations, celles qui seront perdantes avec en tête le mirage d’un paradis, évidemment non terrestre, mais paradis tout de même, on nous le répète…

    C’est un troisième grand malheur, les experts bien en cour en conviennent, mais c’est un peu la faute à pas de chance, pas celle de leurs théories !

    C’est l’économie qui veut ça, affirment sans rougir les dits experts, car ce qui vous défrise, vous autres gauchistes mal dégrossis, c’est le sujet de la politique mais pas celui de l’économie.

    L’économie, tel que nos Folamour la conçoivent, serait une sorte de carapace à l’intérieur de laquelle nous, la Terre entière et les habitants qui vont avec, seraient enfermés, comme dans une sorte de noix, ayant tous les droits que l’on voudra sauf celui de chercher des règles de fonctionnement qui permettent une vie harmonieuse pour tous les reclus ; une gestion de la chair de la noix telle qu’elle n’explose pas, bref, une forme d’activité économique (ça vient du grec : Oikonomos, l’art de bien administrer la maison) qui se soucie de tout un chacun et pas seulement des « forts » des « rapides » des « haut du panier social »

    Pour eux, l’économie fonctionne et ne peux fonctionner que selon la technique dite de la piscine à débordement : il y en a qui y nagent, et leurs remous font couler l’eau par les bords, et cette eau en trop arrose ceux qui se contentent de voir nager les nageurs. C’est beau, comme image, mais alors, comme théorie économique…

    C’est, pour conclure les bavardages, un grand malheur, les experts bien en cour en conviennent, mais c’est un peu la faute à pas de chance, pas celle de leurs théories !

    Et n’y aurait-il pas un chemin de l’économie ainsi décrite vers la gauche (politique), chemin qui serait fléché par la question : pourquoi faut-il remplir d’abord la piscine, où quelques-uns seulement se baignent pendant que d’autres, tous les autres, ont juste de quoi tremper leurs orteils dans le petit filet d’eau qui déborde ?

    Et ça débouche sur un autre chemin, qui rebrousse la pente avec la question : que faut-il faire pour que l’eau arrose tout le monde et les piscines ne soient remplies qu’avec l’eau qu’on ne boira pas ?

    On peut le dire autrement : le choix politique conditionne les règles économiques à mettre en place et à suivre. Ou, en langage ordinaire : on met les bœufs devant la charrue.

    Impossible, disent les experts en expertise et bien en cour, l’économie fonctionne comme on vous le dit, point barre. C’est un grand malheur, conviennent-ils (en off), mais c’est un peu la faute à pas de chance, pas celle de leurs théories !

    Mais, mais, il y a toujours une grande gueule qui refuse la fatalité et propose autre chose. Est-ce possible ?

    Prenons un exemple : la France là, maintenant, tout de suite (enfin, après le 6 mai)

    Facile ? Non, très difficile car, excusez-nous, chers experts, vous avez mis la pauvre Marianne (et nous avec) dans un sale état ; elle trempe dans une sacre mouise (et nous toujours avec). Mais si le jeu n’est pas de repomper l’eau qui dégouline pour remplir encore plus la même piscine, mais si on peut, nous aussi, un jour faire monter l’eau jusqu’aux chevilles, et ainsi de suite, on trouvera la force et la patience nécessaire. Vous savez ce que l’on dit : si le feu vaut la chandelle, ça va. Si c’est pour rester les orteils dans l’eau qui dégouline et basta, ça ne va pas.

    Possible ? Oui, bien sûr. Car avec le temps, nous avons aussi nos experts à nous, qui connaissent aussi bien que vous les « règles de fonctionnement » mais les leurs sont plus équilibrées, plus égalitaires. Tenez, ces jours-ci, un de ceux qui ne veulent pas se contenter de se mouiller les orteils, a écrit un petit topo sur vos jeux de massacre et sur comment changer le cap.

    C’est un brave type, Pierre-Alain Muet qu’il s’appelle, ancien professeur d’économie à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’Ecole polytechnique, directeur à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il a été fondateur et président délégué du Conseil d’analyse économique.

    Il vient de faire connaître ses dernières analyses dans un petit texte : « Contrevérités et tristes réalités des années Sarkozy » où il parle de comment fonctionnait votre piscine et de comment on peut commencer à faire autrement.

    Je l’ai fait lire à ma vieille amie, qui s’est dit qu’au fond, il y a tout de même de l’espoir. Si ça vous tente, vous pouvez le lire ici

    Il n’y a pas de formule choc, d’autant plus mensongère qu’elle est courte, genre la très lapidaire « travailler plus pour gagner plus ». Toutes ces lectures pour comprendre et ensuite accompagner nos prochains nouveaux gouvernants prennent un peu de temps. Mais il faut ce qu’il faut : remonter la pente pour sortir du gouffre où on nous a plongés demande des efforts, mais c’est pour la bonne cause !

     


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