• Et maintenant, passons aux choses sérieuses !

    Sondages, ralliements, « évolution » de certaines paroles journalistiques, tout semble indiquer que François Hollande franchira sans trop de mal la première étape de cette course de fond qu’est la présidentielle.

    Pourtant, aujourd’hui, au bord de la chose, rien de ce qui est essentiel n’est joué :

    -Battre Nicolas Sarkozy n’est pas un objectif en soi, mais une condition nécessaire, mais pas suffisante pour la suite, pour la remise en ordre de marche du pays.

    - Les chants de sirènes des grands surfeurs qui déclarent leur flamme d’autant plus fort que celle-ci est douteuse, ou pour le moins tardive, indiquent un affaiblissement vraisemblablement insurmontable du candidat UMP. Elles ne sont pas sans danger lorsqu’elles viennent de ceux-là mêmes qui se sont si bien accommodé de la ligne politique des cinq dernières années. Leur apport, regardé au microscope et en portant des gants protecteurs peut être un sujet de réflexion utile. Mais en quoi ont-ils changé ? Quelle garantie offrent-ils d’accompagner et respecter des opinions et des choix sur lesquelles ils compissaient en cœur jusqu’à une date fort récente ?

    Il ne faut toutefois pas confondre ces « amis de la XXV heure » avec ceux qui auraient de toute façon voté pour FH mais ont muri leur réflexion après lecture et comparaison des programmes. C’est, à ne pas en douter, le cas des signataires de la tribune publiée dans le Nouvel Observateur par des personnes qui se situent à l’évidence dans la nébuleuse d’une gauche démocratique, comme Jean-Pierre Mignard, Michel Wieviorka, ou Benjamin Stora ! (Lire leur tribune ici)

    -Le succès d’estime indéniable obtenu par Jean Luc Mélenchon est dû pour beaucoup à ses qualités de Tribun qui ont même, semble-t-il, fait revenir aux meetings des anciens abstentionnistes. Pour beaucoup aussi ce succès est dû à la quasi mort cérébrale du reste de l’extrême gauche, dont les soutiens se sont manifestement reportés sur lui.

    Mais le support verbal et programmatique de ce succès, quels que soient l’importance et l’intérêt réel de bon nombre de propositions, est un feu de paille parce que construit sans souci de réalité économique. En d’autres termes, sans possibilité de tenir, en cas de situation de responsabilité politique, ce que l’on annonce et l’on promet.

    Le soutien politique annoncé au futur Président est assorti, dixit Mélenchon, de la vision « d’une gauche radicale au pouvoir dans dix ans » La possibilité d’alliance politique avec le PS au terme du processus électoral actuel est évidente. Personne ne la nie, personne ne peut la refuser car quel électeur de gauche le comprendrait ? Mais elle a des limites fortes et ne peut pas être une prise d’otage du futur Président.

    Il faudra toute la capacité de négociation des uns et les autres pour faire la part d’alliance possible au bénéfice de tous et la part de menace et ce qu’elle entraine comme limitations à la confiance.

    Donc, les difficultés commencent maintenant ; pour la droite, un long chemin pour se reconstruire. On ne peut que lui souhaiter, pour la bonne santé de la démocratie française, qu’elle se découvre des leaders qui lui proposent autre chose que de porter un chef dans le fauteuil qu’il convoite. Aujourd’hui, de tels chemins ne sont pas visibles. Mais c’est leur problème.

    La gauche et son côté discutailleur est un petit peu à l’abri de ces dangers, mais jamais complétement, l’histoire l’a largement prouvé. François Hollande et sa « normalité » offrent un chemin « noble » Il le faut au vu de tout ce qui reste à faire. Les propositions, les efforts, les réflexions sont plus que jamais nécessaires. Les ambitions trop pressées, les jeux de construire un avenir individuel pour certains alors que nous ne sommes pas sortis de la noirceur du présent, sont autant de dangers. Ce chemin de justice, solidarité et démocratie doit être aussi la voie qui permette, en même temps, de repenser ce que nous sommes, ce que nous devons être dans le monde tel qu’il est. Un simple exemple : l’écologie ne peut plus être un « sujet additionnel » mais une composante du cœur même de nos idées.

    Mais avant tout, il faut travailler à remettre le pays sur les rails en envisageant un avenir commun, solide, démocratique, incorporant le social pensé dans le cadre des contraintes écologiques.

    Dans ce travail le pessimisme n’est pas de mise pas plus que l’optimisme de lendemains qui chantent sur feu de paille, mais un réalisme solidement ancré pour aller d’un pas ferme vers les possibles. Et tout difficile que soit le travail à faire, la France ne manque pas de moyens. 40 économistes et non des moindres, se prononcent clairement sur la situation : « Nous sommes économistes et suivons avec attention les débats en cours et les annonces faites par les candidats à la présidence. Nous jugeons leur ambition économique à la pertinence des options qu’ils proposent, en particulier pour ce qui concerne la reprise de la croissance et de l’emploi, le redressement de notre compétitivité, la régulation financière et la vision des politiques économiques européennes. Mais nous jugeons aussi de la crédibilité de leur projet, notamment la cohérence d’ensemble des propositions, leur impact sur la cohésion sociale de notre pays, la constance et la fiabilité des engagements et leur compatibilité avec les contraintes budgétaires. Un candidat se dégage à nos yeux, le plus apte à redresser la France et rassembler les français. Ce candidat, c’est François Hollande »

    (Pour lire la déclaration complète, cliquer ici)

    De son côté, Henri Sterdyniak, un autre économiste, se demande s’il faut continuer à soutenir l’activité ou tout faire pour réduire les dettes et les déficits publics » et fait remarquer que « les administrations publiques françaises sont certes endettées mais elles possèdent aussi des actifs physiques » « Par ailleurs, il faut considérer l’ensemble de la richesse nationale (actifs physiques moins endettement à l’étranger) : le nouveau-né français est riche en moyenne, à sa naissance, de 202 000 euros » (Pour lire sa note en entier, cliquer ici)

    Autrement dit, OUI nous traversons une passe difficile, mais NON, nous ne manquons pas de solutions possibles. OUI il faut mettre en place un ensemble d’actions pour revenir à un fonctionnement moins problématique, mais NON, ce n’est pas avec de simples procédures comptables, comme le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ; « la course absurde vers le moins-disant social » « les politiques d'austérité (qui) brisent la croissance » et aggravent les difficultés, comme est en train de le constater la Grèce, l’Espagne et même, malgré tout le sérieux de M. Monti, l’Italie.

    François Hollande a prévu de suivre un chemin à l’opposé de celui qui nous était promis par Nicolas Sarkozy. Il lui faut toute la légitimité possible pour pouvoir le mener à bien. C’est aux citoyens de la lui accorder.

    Cela commence dimanche 22 avril puis dimanche 6 mai avec l’élection présidentielle et se termine le dimanche 17 juin avec le deuxième tour des élections législatives.

     

     


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