• Période de grâce

    Il n’a pas encore reçu le relais que ça tombe déjà dru.

    Petit article quelque peu téléphoné par-ci, petite interview ouvertement partisane par-là, le mélange pleurs-menaces prend la suite des gesticulations du candidat vaincu.

    Voilà le petit monde des grosses fortunes préoccupé par l’évolution sociale du pays. 6 421 426 voix pour le Front National, qui prône la sortie de l’Euro et la fermeture de frontières. Dans quel pays vivons-nous !

    Voilà le petit monde des gestionnaires de fortune, des banques a dénomination variable et affaires communes ; le cercle élitiste s’il en est de notaires de la High Class et autres fonctions affines préoccupé par le risque de voir le nouveau Président « tiré vers la gauche » par Mélenchon et autres verts.

    Voilà les grands passeurs de frontières harassés par l’excès de travail causé par la remise au goût du jour de possibles nouvelles fuites à Coblence.

    Comment-cela est-il possible ? Quel mauvais sort a pu donner lieu à ce désastre, se demandent ces beaux esprits ? Certainement pas nous, n’est-il pas ?

    La maison est en feu, dites-vous ? Attendez, avant de sonner les pompiers, qui salissent tout avec leurs lances à eau, aidez-moi à mettre mes meubles et mes coffres au frais, dans une quelconque montagne alpine ou dans l’air conditionné d’une belle demeure Caraïbe. Je l’aime, cette maison, mais que voulez-vous, ça ne va plus avec toute cette jalousie. Que le feu purifie tout, si nécessaire ; je reviendrai lorsque les braises auront refroidi, reconstruire nos jardins à la française. Personne n’aura à se plaindre, il y aura bien quelque chose à manger à l’office pour mes serviteurs.

    Retour sur terre…

    Quelques jours avant le premier tour, parmi d’autres Cassandres à contrecourant, le groupe de prévisionnistes du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP) mettait en avant ce qu’entrainerait le résultat prévisible de l’élection : « La victoire de François Hollande va déclencher une série de bouleversements stratégiques qui vont affecter fortement l'Europe et accélérer considérablement les transitions géopolitiques en cours au niveau mondial depuis le début de la crise globale en 2008. »

    Le fondement principal de ces bouleversements tiendrait, pour le LEAP à la rupture d’avec : « l’inféodation sans précédent dans l'Histoire récente du pays à la puissance dominante américaine » qui a été la marque de la mandature de Nicolas Sarkozy.

    Nicolas Sarkozy n’a pas « introduit » l’égoïsme dans la société française et plus particulièrement dans son volet économique, mais, obnubilé qu’il était par la société américaine et ses ressorts de fonctionnement, il a poussé au paroxysme ce facteur et a sacrifié l’équilibre social et économique propre à la France et à son histoire à sa version fantasmée de « l’Amérique »

    Conduit de manière étriquée, sa politique économique n’a favorisé que des « amis » et non pas le pays. La France a ainsi continué sa désastreuse désindustrialisation et le chômage, aggravé par la crise, mais né des choix politiques appliqués, a augmenté jusqu’à des limites absurdes et difficiles à diminuer.

    Le modèle allemand, découvert tardivement et surtout de manière incomplète n’a été pour le président sortant qu’une tentative de dernière chance de reprendre l’initiative politique face au risque de sa non réélection.

    Et pendant ce temps, les inégalités ont continué à se développer, les quelques salaires abusifs de certains grands patrons n’étant que l’étendard de la dérive de toute une classe dirigeante.

    C’est ce tableau qu’a à affronter la nouvelle Présidence dès son entrée en fonction, dans les jours qui viennent.

    Dans ce tableau, pas d’état de grâce pour la nouvelle équipe, qui devra dès son arrivée élever quelques digues sociales, pas nombreuses, car les moyens manquent, et s’attaquer de suite à la réorientation économique du pays.

    Seuls appuis disponibles : les mêmes qui lui ont fait confiance le 6 mai, qui devront lui fournir encore le 10 et le 17 juin les forces nécessaires pour mener à bien une tâche peu enviable.

    Et à défaut d’état de grâce, accorder au Président élu le temps nécessaire pour nommer le gouvernement qui devra conduire cette première étape de la mandature et annoncer le détail venant compléter les mesures annoncées pendant la campagne.

    (Lire la publication du LEAP du 15 avril 2012 ici)

    (Lire : « François Hollande, les actions prévues pendant la première année de gouvernement » ici)

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 11 Mai 2012 à 18:37
    Soutien
    Un président sans une majorité de députés ne peut rien...il faut pousser, aider, voter à gauche aux législatives pour qu'enfin F. Hollande puisse changer les choses, même s'il peut peu, il pourra quand même
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :