• Rebelote

     

    On sort de la première manche et, dès aujourd’hui, on remet ça, car pour le moment, tout reste à faire.

    Simplement, jusqu’au 6 mai dernier on marchait sur la tête, droit vers un avenir à la grecque, depuis le 15 mai on a repris la position normale de marche, avec les pieds sur le sol. Maintenant il faut déblayer le chemin, considérablement abimé et sali pour pouvoir enfin sortir de l’ornière.

    Ici où j’écris, nous avons la circonstance d’avoir la candidature d’une personne emblématique de la période passée : Madame Pécresse, dernier ministre du budget et jusqu’à il y a quelques jours, farouche défenseure de la voie mal nommée allemande (en fait « Merkelienne » )

    Dans une certaine mesure, Madame Pécresse a de la chance ; son mentor sortant-sorti, Nicolas Sarkozy prenant toute la responsabilité de la mandature sur ses humbles épaules. Que c’est commode d’avoir un parrain qui, en partant, ferme la porte et annonce qu’il emporte avec lui toutes les affaires à laver ! Ça tend à éviter que l’on regarde l’état du linge de ceux qui restent et qui en faisaient la cour et la louange dudit parrain à longueur de médias.

    D’ici les élections du 10 et 17 juin il faudra revenir sur ces curieuses expériences, sur ces affirmations des sortants faites à la hache, sans trop de fondement alors, intenables aujourd’hui car conduisant, l’expérience le démontre, au désastre. Bien entendu, désastre surtout si on entre dans le calcul le facteur humain ; si on s’en tient aux chiffres, on peut tout prouver…à condition d’escamoter le prix payé par les plus nombreux, surtout les plus faibles.

    Peut-on faire autrement ?

    Oui, n’en déplaise aux « sortants » on y reviendra.

    Pour aujourd’hui, je me limite ici à reproduire l’éditorial de la dernière lettre de la Ligue des Droits de l’Homme :

     

    « Construire l'élan nécessaire

    Les Françaises et les Français ont tourné la page. Et le soupir de soulagement qui a traversé le pays tout entier donne la mesure de la détestation dont l’ex-président était à la fois la cause et la cible. Sa défaite clôt un quinquennat tissé d’outrances, d’indignités, de scandales. Elle sanctionne également un train de décisions et de comportements fondamentalement étrangers aux valeurs d’égalité et de fraternité qui caractérisent la République.

    Bonne nouvelle, donc, comme l'est le taux élevé de participation. Malgré la « pédagogie grecque » martelant que les élections ne sont rien face aux marchés, les électrices et électeurs ont refusé de se cantonner au rôle de consommateurs.

    Reste que le paysage politique français est profondément défiguré. D’abord par le poids électoral du Front national et la capacité de nuisance qu’il lui procure. Ensuite, et de façon presque plus préoccupante, par la facilité avec laquelle la droite classique s’est coulée dans les habits de la xénophobie frontiste et de la haine sociale. Et il faut bien admettre que rien n'est fait ! Une élection présidentielle ne fait pas le tout d'un commencement du fameux « changement » et les questions que posent les prévisions électorales pour les élections législatives sont lourdes. Rien n'est moins sûr qu'une majorité parlementaire confortant sur des bases la dynamique présidentielle. Comme est loin d'être acquise une politique des droits !

    Compte tenu d’un héritage législatif lourd – on pense aux Loppsi, au Ceseda – il faut bien vite passer d'un enthousiasme réel mais ponctuel à des mobilisations citoyennes pour engager, partout, l’élan démocratique indispensable à la remise en route d’une République sociale et généreuse. Notre présente lettre entend modestement y contribuer ; n’hésitez donc pas à la faire circuler parmi vos proches et amis.

    Pierre Tartakowsky
    Président de la LDH »

     


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